

Dites nous Jacques Bourgarel:
Comment avez-vous rencontré le conte ?
Comme beaucoup, j'ai commencé par un stage avec un conteur professionnel (sur le conseil d'une bibliothécaire).
C'est là qu'a débuté mon amour pour les contes et le goût de les raconter.
Par la suite, des histoires que l'on m'avait racontées enfant me sont revenues en mémoire.
Je me suis aperçu que mon lien avec les contes remontait à l'enfance…
Comment êtes-vous devenu professionnel ?
En 1992 J'ai commencé à conter dans une association sur Nice, ensuite
avec deux conteuses et deux musiciens, nous avons créé une compagnie amateur
"Paroles du vent" mélange de conte et musique, ce qui se faisait peu à l'époque.
J'ai suivi ensuite quelques autres stages avec des conteurs professionnels,
mais aussi du clown et du chant.
En 1993 j'ai découvert Yannick Jaulin et avec lui une porte ouverte,
celle de pouvoir sortir de l'image traditionnelle du « conteur-veillée-cheminée ».
Je pense que je n'aurais jamais osé créer un spectacle comme
« Contes de mon immeuble » s'il n'avait pas ouvert la voie.
A cette époque, j'étais employé municipal et souvent détaché dans des associations :
maçon -menuisier, éducateur technique sur des chantiers avec de jeunes ados.
J'ai même était 2 ans éducateur sportif de pelote basque de la ligue provence…
Le tournant c'est en 1996 lorsque la médiathèque de Cannes a fait appel à moi pour l'accueil
des scolaires et la mise en place d'ateliers contes adultes.
J'ai passé trois ans à la médiathèque et c'est là que j'ai appris
à travers de la pratique les bases du métier de conteur. C'est là aussi qu'avec l'appui du conservateur
en 1997 j'ai créé le festival "le jardin des contes", dont je suis toujours le conseillé artistique.
En 1999 après 16 ans de fonctionnariat, j'ai quitté l'administration.
J'avais suffisamment de contrats qui m'arrivaient pour espérer vivre de ma parole.
Depuis cette date a commencé une nouvelle vie ….
Vous vous définissez comme un conteur-voyageur ?
J'ai beaucoup voyagé dès l'âge de vingt ans à travers l'Europe,
les Etats-Unis, l'Inde, le Népal, l'Afrique…
Depuis que je conte des histoires, mes voyages ont changé. Le conte m'a ouvert des portes
et grâce à lui j'ai découvert différentes cultures
(Burkina Faso, Gabon, Russie, Québec, Belgique, île de La Réunion, Martinique…)
et j'ai rencontré des tas de gens biens. C'est formidable d'aller dans un pays pour partager quelque chose
et non plus comme simple touriste.
Mais j'aime aussi parcourir la France, découvrir des régions, des villes ou des festivals
et rencontrer des gens nouveaux à qui conter mes histoires.
Pour ce qui est de me définir; l'association "Apple Paille" de Marseille a trouvé une formule
qui me plaît bien: "Jacques Bourgarel: l'originalité dans la simplicité"
Vous travaillez souvent avec des musiciens ?
Bien qu'étant un piètre musicien (mais j'essaye de progresser...),
depuis toujours j'écoute toutes sortes de musique.
Le mélange du conte et de la musique se fait chez moi naturellement...(Bien que la parole soit déjà une musique...)
Après ce sont des rencontres qui viennent souvent quand on ne les attend pas…
C'est comme ça que j'ai commencé avec Alain Gloaguen (un guitariste « fan » de Brassens)
et que j'ai continué avec Eric Frèrejacques(harmoniciste de blues et guitariste),
Ben (poly-instrumentiste traditionnel), Gabriel Equerre(guitare et percussions),
Didier Isnard (guitare).Chacun apporte une couleur, un univers qui influence mes histoires.
Je commence aussi à sortir ma guitare pour les spectacles "Jeune public".
Le chant commence à prendre aussi sa place dans mes spectacles.
Une première tentative sur le spectacle en duo avec le Québécois François Lavallée
avec du chant traditionnel "à capella", du Brassens dans "Contes de la non demande en mariage"
, et une chanson dans "Contes Reggae". (j'ai fait aussi un album de chansons...Bourgajac)
Mais il est aussi important pour moi de trouver des espaces pour conter seul,
dans quelque chose de plus sobre, plus intimiste.
retour haut de page |